Un manuel pour combattre les préjugés anti-chômeurs

Chômeur profiteur, paresseux, tricheur...:  depuis plus d’un an, les Travailleurs Sans Emploi de la CSC mènent campagne contre tous ces préjugés qui font des chômeurs les boucs émissaires de la crise.  Ils ont résumé leur stratégie dans un «manuel citoyen» qui vient de paraître (télécharger)
Mesures de dégressivité accrue des allocations, durcissement des contrôles, limitation des allocations d’insertion dans le temps, etc… : toutes ces mesures anti-chômeurs sont «légitimées» auprès de l’opinion publique par les clichés qui collent  à la peau des chômeurs. Des clichés qui faussent la perception de la réalité et qui tentent à faire oublier que c’est l’emploi qui est indisponible, pas les chômeurs... 
Les TSE ont donc entrepris de faire la chasse à ces préjugés. «Une démarche compliquée, explique Pedro Rodriguez, responsable national des TSE, parce que les chiffres et les arguments rationnels ne suffisent pas, parce qu’il faut aussi  être attentif au malaise social qui s’exprime au travers de ces préjugés, révélateur de tout un climat de crise, de peur et de perte de confiance».

Mais comment fonctionnent les préjugés? 

Ils s’appuient sur des clichés selon lesquels « les autres » seraient plus chanceux ou mieux lotis… Ils renvoient aussi à des expériences qu’«on» ne connait pas vraiment, mais qu’«on» imagine ou dont «on» a entendu parler… Ils sont ambigus : tantôt ils prétendent s’appuyer sur des faits: «je connais quelqu’un qui…», tantôt ils se réfugient derrière des opinions générales: «il n’y a pas de fumée sans feu», «on sait bien comment ça marche»,… Enfin, en stigmatisant certains groupes sociaux, les préjugés offrent des réponses simplistes à des problèmes pourtant éminemment complexes. 

Comment casser ces raisonnements? 

D’abord en tentant de réveiller le bon sens de l’interlocuteur, de se distancier par rapport aux fausses évidences. Il faut pour cela sortir du schéma «pour ou contre» le chômeur, pour en revenir aux fermetures et aux restructurations d’entreprises, à la baisse du pouvoir d’achat, à la galère que traversent de nombreuses personnes… 
Ce n’est que par ce biais qu’il sera ensuite possible de révéler «à qui profite le crime», c’est-à-dire identifier les conséquences qu’engendrent les préjugés, ce à quoi mène(rait) leur logique simpliste (l’exclusion voire l’élimination de groupes sociaux entiers) et les intérêts qu’ils défendent.
En définitive, les TSE veulent démontrer que «ce n’est pas parce que nous nous serons vengés illusoirement sur les plus faibles que nous trouverons des solutions pour vivre ensemble». Leur credo : des solutions existent en matière de création d’emplois. Le chômage massif n’est pas inéluctable et il est possible d’ouvrir des pistes innovantes en agissant collectivement, avec les premiers concernés, travailleurs avec ou sans emploi. Un message positif qui se veut porteur d’espoir et (re)mobilisateur !
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