Trop de contrats intérim dans les contacts-centers ?

Les contacts-centers occupent la première place des entreprises employant
le plus grand nombre d’intérimaires. A l’occasion d’une campagne de sensibilisation menée en octobre, les organisations syndicales ont à nouveau plaidé pour des emplois et des contrats de qualité.

Contact-centers en haut du hit-parade 
Les chiffres sont éloquents : 
  • Chez Ikanbi Belgium à Herstal, 370 intérimaires occupés en moyenne sur une année. Pendant cette même année, cette entreprise occupait 153 employés équivalent temps plein sous contrat à durée indéterminée et 63 en contrat à durée déterminée.
  • A Molenbeek, chez B-Connected, il y a 186 intérimaires et 83 employés sous contrat à durée indéterminée.
  • Chez Mifratel, localisée à Gand et Mouscron1, 165 intérimaires travaillent alors que 238 employés sont sous contrat à durée indéterminée et 31 à durée déterminée. 
Autrement dit, le nombre de travailleurs intérimaires dans une même entreprise représente souvent la moitié et parfois même plus de deux fois le nombre de personnel sous contrat à durée indéterminée. Les employeurs abusent du recours à l’intérim pour bénéficier de prestations à la carte et de salaires moindres. Ces entreprises n’hésitent pas à utiliser des intérimaires sous contrat journalier de manière régulière et même à les payer en dessous de la catégorie prévue par la classification du secteur. Pour les syndicats, il s’agit là de différences de traitement injustes. Les chiffres qui ressortent de la dernière enquête sur le top 100 des entreprises employant le plus grand nombre d’intérimaires sont révélateurs… Les contact-centers occupent le haut du podium. Raison pour laquelle les organisations syndicales ont à nouveau plaidé pour des emplois et des contrats de qualité à l’occasion d’une campagne de sensibilisation menée en octobre dans les entreprises belges concernées.

Les conditions de travail dans les contact-centers sont loin d’être idylliques : rythme de travail intense, pression du management pour un rendement maximal, contacts parfois pénibles avec la clientèle, flexibilité importante au niveau des horaires, écouteurs en permanence sur les oreilles, promiscuité avec les autres employés, etc. Les employés sont soumis à rude épreuve. Le recours à des contrats précaires met sous pression les conditions de travail des travailleurs fixes dans les entreprises. Pourtant, pour les travailleurs intérimaires, la rémunération ne peut être inférieure à celle à laquelle ils auraient eu droit s’ils étaient engagés dans les mêmes conditions (même fonction) comme travailleurs permanents par l’utilisateur. 
Pour une sécurité d’emploi et un statut décent
Heureusement, nous avons des équipes syndicales qui négocient des accords pour un engagement automatique des intérimaires par l’entreprise utilisatrice après X mois, c’est le cas de Wallonie Bruxelles Contact Center à Liège, également chez N-ALLO à Gosselies.
Claude Lambrechts

1 Source : Banque Nationale De Belgique – dernier exercice comptable 

Plus d’informations sur l’intérim sont disponibles sur www.csc-interim.be et si vous avez une question à poser, cette adresse peut vous être utile : interim@acv-csc.be. La CSC met également régulièrement à jour ses publications. 
Vidéoclip de la campagne : Pourquoi les opérateurs des contacts-centers sont-ils les esclaves du 21ème siècle ?