Accords Non Marchands wallons : Le protocole enfin conclu

Après plus de deux ans de négociations, le protocole d’accord a enfin été conclu juste avant la trêve de Noël.

Il doit encore être signé officiellement durant ce mois de janvier. Ensuite, les différents points de l’accord devront être entérinés dans des CCT qui seront discutées dans les commissions paritaires concernées.
Il était plus que temps !
• L’accord Non Marchand germanophone a été signé fin juillet 2016.

• L’accord Non Marchand fédéral a été signé fin octobre 2017.

• L’accord Non Marchand en Communauté française a été signé en mai 2018.

• L’accord Non Marchand bruxellois a été signé en juillet 2018.

Et pour la Région wallonne, cela fait deux ans que nous nous battions pour obtenir cet accord pour tous les travailleurs du Non Marchand wallon, c’est-à-dire les secteurs des Aides familiales, de l’Aide sociale, des Maisons de repos, de l’Insertion professionnelle, des Maisons d’accueil pour adultes, de la Santé mentale, des Plannings familiaux, des Entreprises de travail adapté…

En plus, un budget non utilisé en fin d’année aurait été perdu ! Il était inacceptable pour nous de perdre les 10 millions prévus pour 2018.
Petite déception
La revendication unique de départ, à savoir la réduction collective du temps de travail sous forme de congé supplémentaire, n’est cependant pas dans l’accord. Nous voulions passer de 38h à 37h sous forme de 6 jours de congés supplémentaires par an pour chaque travailleur, AVEC embauche compensatoire.
Les employeurs, et plus spécifiquement ceux du secteur des Personnes handicapées, n’en voulaient absolument pas ! Le gouvernement avait pourtant mis sur la table le budget pour financer deux jours complémentaires en créant 400 emplois équivalents temps pleins ou en augmentant le salaire des temps partiels.
Qu’y a-t-il alors dans cet accord ?
Pour les seuls travailleurs des entreprises de travail adapté, ils auront deux jours de congés supplémentaires avec embauche compensatoire.

Pour tous les autres secteurs, c’est sous la forme de deux augmentations que se décline l’accord :

• Une augmentation de la partie fixe de la prime de fin d’année à partir de 2019. Cette augmentation sera versée sous forme d’avance de printemps avant le 1er avril de chaque année. Bonus pour le secteur Aides Familiales qui a prévu le même montant pour les temps pleins et les temps partiels, ce qui permet de revaloriser les bas salaires.

• Une augmentation de la prime syndicale. C’est un juste retour de la mobilisation des délégué-e-s et affilié-e-s quand il s’agit d’aller manifester et se mettre en grève pour faire avancer les conditions de travail des collègues du secteur. Cette augmentation devrait tourner autour de 25€ pour un temps plein.

Nouveau bonus pour les aides familiales qui verront leur prime augmenter deux fois (d’abord par une augmentation décidée par le Fonds social (paritaire), ensuite par cet accord). C’est grâce à la mobilisation et la ténacité des délégués et des travailleurs que le gouvernement a débloqué l’argent pour cet accord. Bien sûr, nous aurions aimé vous annoncer cette réduction collective du temps de travail dont nous rêvons toutes et tous pour mieux combiner vie privée et vie professionnelle. Ce n’est pourtant pas un rêve inatteignable. Mais ce n’est pas perdu. Nous veillerons à porter cette revendication dans d’autres lieux et quand la négociation du prochain accord Non Marchand sera à nouveau à l’ordre du jour.
“ On n’obtient de véritables progrès que par une persévérance soutenue ”, disait Pierre-Claude Victor Boiste (lexicographe et poète français). Ne l’oublions pas !
Claire Depryck