APE : Restons mobilisés !

La réforme des APE menace l’emploi des 60.000 travailleuses et travailleurs concernés par ces aides. Elle nuit aussi aux services qu’ils rendent à la collectivité dans le cadre de leurs emplois (éducation, socio-culturel, santé, etc.).

Le ministre wallon de l’emploi, Pierre-Yves Jeholet souhaite revoir le système APE (aide à la promotion de l’emploi).

Actuellement, le ministre de l’emploi octroie un subside à des organisations qui engagent des demandeurs d’emploi. Le montant du subside varie selon le profil des personnes engagées. Demain, le ministre souhaite que les subsides soient directement alloués par le ministre qui a la tutelle sur l’organisation qui engage. Par exemple, une ASBL active dans la promotion de l’agriculture ne recevra plus de subsides APE du ministre de l’emploi, mais en recevra directement du ministre de l’agriculture. Ce transfert vers le ministre dit « fonctionnel » répond à une revendication des syndicats, notamment parce que ce ministre est plus à même de cerner les besoins d’emploi de son secteur que le ministre de l’emploi. Si l’objectif de la réforme est intéressant, le contenu et la méthode posent de nombreux problèmes. 
Les mauvais calculs du ministre
Le calcul des montants à transférer du ministre de l’emploi vers les différents ministres pose un problème majeur. Syndicats et employeurs sont unanimes : la méthode de calcul entraînera une diminution des subsides de certaines organisations. 

Par ailleurs, la réforme sort du champ des aides APE une série d’organisations et d’institutions (principalement des administrations et organisations dépendant de pouvoirs locaux), ce qui revient à purement et simplement les priver de leurs subsides.

Concrètement, la nouvelle méthode de calcul des subsides se traduira par des pertes d’emplois dans les organisations. Ce qui aura des conséquences évidentes sur les travailleuses et travailleurs concernés mais aussi sur les services que ces organisations rendent à la collectivité.
Une réforme dans la précipitation
Le ministre veut conduire sa réforme seul et la boucler le plus tôt possible. Il refuse donc de concerter les interlocuteurs sociaux alors que cette concertation éviterait des erreurs de calculs et d’appréciation.

Par ailleurs, le calendrier fixé par le ministre est irréaliste. Il espère boucler le dossier dans les mois à venir. Soit moins de temps qu’il faut pour répondre aux nombreuses questions qui se posent, identifier les problèmes de la réforme et y remédier. Le timing imposé par le ministre fera des dégâts sur l’emploi et les services concernés. 
Victoires syndicales
Les motifs pour se mobiliser contre cette réforme ne manquent pas. La mobilisation syndicale a d’ailleurs déjà payé dans ce dossier. En effet, suite à la manifestation organisée avec succès le 21 juin 2018, le ministre a déjà partiellement changé ses plans. 

Les syndicats ont obtenu que les subsides continuent à être dédiés à l’emploi. Le premier projet n’obligeait pas les ministres à subsidier de l’emploi. Le texte les autorisait à utiliser les sommes reçues pour poursuivre d’autres objectifs. Grâce aux syndicats, les subsides iront bien aux 60.000 travailleuses et travailleurs concernés. 

Les syndicats ont aussi obtenu une série de garanties concernant la rémunération de ces travailleurs (notamment l’indexation de leurs salaires). Ils ont aussi obtenu le report d’un an de la réforme, dans l’espoir que le ministre consulte les secteurs concernés.

Malgré ces avancées, les lignes qui précèdent confirment que de nombreux dangers persistent. Dangers qui justifient de nouvelles mobilisations pour garantir l’emploi et la qualité des services concernés !
Michaël Maira

Une première action a eu lieu en juin et a permis de reculer la mise en application d’un an du projet. Pendant ce temps, il y a un espace pour la négociation. A ce stade, personne n’a été convoqué et il faut donc rester mobilisés ! C’est pourquoi une deuxième action a eu lieu le 19 septembre dernier devant le cabinet Jeholet à Namur.