Woluwé Shopping : victoire contre les heures tardives

En juin 2019, le nouveau propriétaire du shopping de Woluwé a décidé de manière unilatérale que le centre commercial ne fermerait plus ses portes à 19h mais à 20h tous les jours. Jusque-là, le seul jour de fermeture à 20h était le vendredi. 

Dès le mois de juillet, nous mettions en place une pétition qui a été signée par plus de 450 membres du personnel du centre commercial. Malgré ce soutien important, nous avons dû faire face à de nombreuses difficultés. Tout d’abord, la législation permettait totalement au shopping de fermer plus tard. Ensuite, les contrats de location dans les centres commerciaux obligent les « locataires » à tous fermer à la même heure. Les travailleurs des différentes enseignes n’avaient pas la même réalité. Certains avaient des sursalaires après 19h d’autres non, certains étaient dans de gros magasins, d’autres de plus petites boutiques ; nous avions de nombreuses commissions paritaires différentes et enfin certaines enseignes avaient des représentants du personnel tandis que d’autres non. Il a donc fallu dès le début créer une solidarité entre tous et éviter de rentrer dans une logique d’entreprise par entreprise.

A partir de début septembre, ce sont des assemblées matinales avant le début des prestations qui ont pris place. Les travailleurs alors présents ne travaillent pas pour les mêmes enseignes mais se sont pourtant mobilisés ensemble. La taille des assemblées grossit et pour de nombreux travailleuses et travailleurs, c’est une première expérience de mobilisation collective. Le propriétaire et le gestionnaire du site malgré tout ne cèdent pas.

L’assemblée du personnel en inter-enseignes décide donc de passer à l’action et vote à l’unanimité une grève pour le 24 septembre. La mobilisation prend rapidement et un véritable enthousiasme anime le shopping de Woluwé. Finalement, le vendredi 21 septembre, le propriétaire du shopping cède, un peu plus de 48h avant la grève. Il arrête son projet et propose enfin une vraie concertation pour l’année 2019.
C’est une première victoire pour les travailleuses et travailleurs du shopping qui, il y a quelques mois encore, sous-estimaient leur propre capacité à faire reculer une direction aussi forte. Aujourd’hui, tout le monde est gonflé à bloc et est prêt à résister.
POURQUOI NOUS SOMMES CONTRE LE PROJET DU SHOPPING ?
Les travailleurs et travailleuses du Commerce sont déjà soumis à des horaires flexibles et variables. A cela s’ajoute le fait qu’ils sont majoritairement à temps partiel et qu’ils travaillent quasiment tous les samedis de l’année. Non contents, les patrons du secteur et les centres commerciaux souhaitent que les commerces ouvrent de plus en plus de dimanches et de plus en plus tard.

Pourtant, nous le savons : cela n’aura aucun impact conséquent sur le chiffre d’affaire qui sera lissé sur plus de jours ou sur une journée plus longue. Ces ouvertures dominicales et tardives n’auront qu’un seul impact : créer une concurrence entre les travailleuses et travailleurs du Commerce. De plus, malgré l’extension des heures, il n’y aura pas d’engagement supplémentaire, ce qui a comme impact une surcharge de travail toute la journée. Les multinationales de notre secteur se font une concurrence acharnée où la seule victime est le personnel.

La conscience des travailleuses et travailleurs du Commerce a changé. Il est clair maintenant que l’extension des heures d’ouverture ne créera pas d’emplois mais rendra leur vie de plus en plus compliquée. Par cette mobilisation, c’est le message adressé par le personnel de Woluwé à tous les collègues du secteur.
Jalil Bourhidane