Maxi Toys : une RTT pour les fins de carrière !



L’équipe syndicale des magasins Maxi Toys a cette année négocié une réduction collective du temps de travail pour les fins de carrière. Une belle victoire ! Un des membres de cette équipe nous présente cet accord.

Qu’avez-vous obtenu ?
Dans le cadre de la CCT104 (établir un plan pour l’emploi des travailleurs âgés de 45 ans ou plus), nous avons négocié une RTT pour les fins de carrière. Nous avons utilisé la Loi Vande Lanotte–Di Rupo relative à la réduction du temps de travail. Et donc, pour les employés des magasins belges à temps-plein (35 heures), la mesure permet à un travailleur de prester 32 heures sur 4 jours les 4 dernières années avant la pension ou la prépension sans perte de salaire.

Qui est concerné par cette CCT ?
Dans l’immédiat, elle concerne une personne sur les 30 magasins. Mais d’ici 6 mois, une autre collègue sera concernée et l’année prochaine, une personne de plus.

Quelle est sa durée ?
Pour notre direction, deux points devaient impérativement figurer dans la CCT : premièrement, la CCT s’annule si la loi venait à être supprimée. Ensuite, la CCT est renégociable chaque année. Nous aimerions, lors de la prochaine négociation, y inclure les temps partiels. Nous n’avons pas d’accord pour les employés du siège administratif et les ouvriers mais le sujet est toujours en discussion. Evidemment, l’objectif est qu’à terme, elle concerne tout le monde.

Comment vous est venue l’idée de négocier la RTT ?
Au départ, en 2015, suite à la campagne RTT, lors d’un inter-siège, notre permanent a insisté pour que nous en parlions en entreprise et nous avons joué le jeu, l’employeur aussi. 
Nous avons pris l’habitude de proposer des sujets « win-win » à notre direction. Notre directeur financier avait, à l’époque, effectué une analyse pour une réduction du temps de travail étendue à l’ensemble du personnel avec embauche compensatoire. Malheureusement, à ce moment-là, ça coinçait. Les mesures proposées par la loi (réduction patronale et ONSS) ne durent que 4 ans. A l’échéance des 4 ans, les mesures prises s’estompent, entraînant de ce fait une augmentation conséquente des frais de personnel. Chez Maxi Toys, nous avons la chance de pouvoir travailler main dans la main avec les autres syndicats. Chaque année, nous sommes donc revenus à la charge : actifs et réactifs ! Lors d’un comité commerce, les collègues de chez Trafic ont partagé avec l’ensemble des délégués les informations concernant la RTT qu’ils avaient obtenue. Inspirés par cette victoire, nous avons utilisé la convention de chez Trafic à titre d’exemple. Nous l’avons modifiée et adaptée à Maxi Toys. D’ailleurs, nous espérons nous aussi que l’accord obtenu donnera des idées à d’autres !

Comment la délégation s’est-elle sentie après cette victoire ?
Nous sommes contents mais nous savons que la bataille est loin d’être terminée. C’est un travail qui a pris du temps : nous avons débuté les négociations en 2015, puis à la demande de la direction, nous avons proposé un texte, que nous avons soumis à la juriste aux fins d’analyse. Nous avons modifié les points qui étaient litigieux… Mais nous n’avons jamais baissé les bras. A chaque organe de concertation, nous avons remis le sujet sur la table. Cela nécessite une certaine rigueur. Donc quand notre demande a abouti, c’est avec une grande fierté que nous avons pu annoncer la bonne nouvelle au personnel ! 

Propos recueillis par Alice Mazy

Fabienne est la première affiliée à pouvoir profiter de la mise en place de cette CCT. Depuis le 1er octobre, son temps de travail a été réduit à 32 heures sur 4 jours. Pour elle, c’est un grand pas en avant. « Ma carrière a commencé comme étudiante le 01/09/1977 dans un magasin de jouets dans le centre de Namur. J’entame ma 41ème année de carrière. Je travaille chez Maxi Toys depuis le 4 novembre 1991 et très vite, je suis devenue responsable. Ma fille avait 2 ans et demi quand je me suis séparée et je l’ai élevée seule. Un horaire de commerçant, ce n’est pas facile et heureusement pour moi, j’ai toujours pu compter sur mes parents pour récupérer mon enfant après l’école ou pour la garder pendant les vacances scolaires. J’adore mon boulot et les contacts avec les clients. J’ai voulu prendre un crédit-temps mais la loi avait été modifiée. Cette réduction de mon temps de travail arrive au bon moment. Je vais pouvoir me relaxer et pourquoi pas reprendre une petite activité sportive, me balader, bref penser un peu à moi et profiter un peu.»