Les jeunes CSC contre la flexibilité et la précarité

En novembre 2017, les Jeunes CSC ont décidé de mener campagne pour les jeunes travailleurs, qui, à la sortie des études et jusqu’à leurs 30 ans, se retrouvent dans des situations de contrats et de revenus de plus en plus précaires et flexibles, de plus en plus incertains. Nous avons décidé de travailler sur les thématiques de coûts, de salaires et de statuts.

Nos revendications portent ainsi autant sur l’encadrement du travail intérimaire, la suppression des discriminations salariales anti-jeunes, la rémunération des stages, l’augmentation du salaire des apprentis, l’intégration de tous les jeunes dans la Sécurité sociale ou encore la réduction du coût des études.

Retour sur quelques actualités de notre action ces derniers mois
Novembre 2017, Bruxelles - Rencontre avec le ministre Peeters les jeunes veulent un bon contratet un bon salaire
Puisque nos valeurs et notre mission sont de veiller à ce que les préoccupations des jeunes soient prises au sérieux, nous avons été reçus, lundi 27 novembre, par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, Kris Peeters, à son cabinet en compagnie des ACV Jongeren et de jeunes travailleurs. Nous avons pu aborder avec lui le sujet des jobs intérims, des starters jobs et des conditions de travail des jeunes. Nous en avons profité pour lui soumettre nos revendications principales : bénéficier d’un vrai salaire, d’un vrai statut et veiller à la limite dans le temps des contrats de travail intérimaire. Nous proposons de limiter le recours aux contrats intérimaires successifs en construisant une sécurité de contrat progressive pour les travailleurs intérimaires. Nous avons également expliqué nos oppositions à la mesure des starters jobs, qui réinstaure des salaires en dessous du salaire minimum pour les jeunes travailleurs de moins de 21 ans. Les starters jobs seraient appliqués à partir du 1er juillet 2018 malgré leur incidence quasi nulle sur l’emploi des jeunes (le Bureau du Plan estime entre 460 et 670 créations d’emploi). Il s’agit de baisser le salaire brut des jeunes de 18, 19 et 20 ans respectivement de 18, 12 et 6%. Le ministre Peeters nous a confirmé la compensation du salaire net pour que le jeune ne soit pas impacté sur son salaire-poche mensuel. Mais à l’heure actuelle, la réforme ne prend pas en compte que la baisse du salaire brut du jeune a comme conséquence des pertes de salaires [pécule de vacance et prime de fin d’année] et de droits sociaux pour le jeune. Par exemple, un jeune de 18 ans qui travaille un an dans la construction métallique, mécanique et électrique [CP 111.01 – occupant 11.000 jeunes de moins de 21 ans] perd 147€ net de prime de fin d’année, 319€ net de pécule de vacances, 7,5€ par jour de maladie et 160€ par mois d’allocations le jour où il tombe au chômage. Pour l’employeur par contre, c’est plus de 5.000€ par an d’économies par jeune travailleur. Maintenant, c’est dans les secteurs et dans les entreprises qu’il faut mener le combat pour que les starters jobs ne soient pas appliqués. Car comme l’a dit Kris Peeters, il suffit que les salaires des jeunes soient supérieurs d’un centime par rapport au salaire minimum du secteur pour contourner les starters jobs. Les jeunes valent mieux que ça !
Décembre 2017, Namur Rencontre avec le ministre Jeholet : les apprentis#ToudiCouillonnés
Le 15 décembre 2017, c’est à Namur que nous posions nos revendications pour augmenter le salaire des apprentis wallons auprès du nouveau ministre de l’Emploi wallon Pierre-Yves Jeholet. Dans le cadre de notre campagne #Toudicouillonnés, nous avons abordé avec lui la problématique des minima salariaux insuffisants (perte de 4.861€ en 3 ans pour un apprenti wallon par rapport à un apprenti flamand). Un dossier compliqué, car il implique la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne, aux majorités politiques différentes. Le dossier est qualifié par le ministre lui-même comme une tarte à la crème du politique. Il y a plein de déclarations d’intention, et peu d’actes concrets. Nous considérons que si la Wallonie et ses employeurs veulent attirer des jeunes dans la filière de l’alternance, une augmentation salariale importante est incontournable pour montrer aux jeunes que l’on compte sur eux. Toudi spotchi, ça n’va nin ! Si le ministre reste ouvert au débat, prêt à analyser plus en profondeur le dossier et à creuser les différents volets (salaire, primes, responsabilisation des entreprises dans le respect des normes), il n’a pour autant pas souhaité prendre d’engagements réels relatifs à nos revendications concrètes. On se reverra pour faire le suivi et les Jeunes CSC continueront à sensibiliser et mobiliser nos jeunes apprentis pour un salaire satisfaisant, un tutorat et un accompagnement de qualité !
Février 2018, Mons Bienvenue à Flexiland, parcours d’attractions éphémère des Jeunes CSC
Ambiance foraine et bon enfant le 10 février dernier sur la Grand-Place de Mons. Les Jeunes CSC y ont installé un parc d’attractions éphémère et burlesque pour sensibiliser aux conditions de travail inacceptables imposées aux jeunes.

Un des mots d’ordre du gouvernement Michel est « jobs, jobs, jobs ! » Mais quels jobs crée-t-il ? Les Jeunes CSC ont illustré le parcours du combattant des jeunes en recherche d’emploi par des attractions foraines.

Dans l’« Élastic-jobs », ils ont fait la course aux contrats semés d’embûches. Celui qui parvenait à placer une carte le plus loin possible obtenait symboliquement un contrat : intérim ou CDD. Quand, par chance, un jeune décroche un CDI, il se cramponne à son contrat comme à la selle d’un taureau de rodéo (le « Rodéo du CDI »). Mais il se fait le plus souvent éjecter. Il se rabat alors sur l’intérim ou des contrats peu stables… Il teste alors le « Mur de l’instabilité » sur lequel il doit essayer de grimper pour obtenir un CDI, en compétition avec les autres. S’il échoue, il est alors invité à viser la « Cible du progrès ». En fonction du chiffre sur lequel il tombe, il obtiendra un contrat de remplacement, du travail au noir, un stage non rémunéré, des CDD à la chaîne, de l’intérim, de la flexibilité, du burn-out, de la modération salariale… Autant d’attractions installées qu’ont pu tester tout un après-midi un bon nombre d’électeurs et de futurs électeurs de passage sur la Grand-Place de Mons.
Mars 2018 - La CSC wallonne en campagnepour les Jeunes : #Canvanin
Les Jeunes CSC des trois fédérations hennuyères (Charleroi-Sambre et Meuse, Mons-La Louvière et Hainaut Occidental) se sont associés afin de réaliser une campagne choc dénonçant la précarisation et la flexibilité accrue des jeunes dans le monde du travail. 

Cette action, qui change des actions syndicales traditionnelles, a été réalisée à travers une campagne de publicité autour d’une nouvelle fausse boîte de recrutement, « RH Discount », proposant des contrats précaires et flexibles aux jeunes et aux employeurs. 

La promotion de cette fausse entreprise a été mise en place durant deux semaines à Tournai, Mons et Charleroi via une diffusion massive de la page sur les réseaux sociaux (20.000 personnes atteintes), une distribution de flyers et une remorque publicitaire qui a arpenté le Hainaut. Cette action s’inscrit dans la continuité de la campagne portée par la CSC wallonne, « Ça n’va nin ! », qui met le focus durant le mois de mars sur les jeunes. 

Cette pub volontairement raciste, sexiste et discriminatoire ne choque même plus. Nous voyons la banalisation des contrats précaires et personne ne s’en émeut plus.
Ludovic Voet

Parce qu’une autre jeunesse est possible, la CSC wallonne et les Jeunes CSC défendent ensemble une série d’alternatives :

• Le contrat à durée indéterminée doit rester la norme et le/la jeune travailleur-euse doit bénéficier d’un revenu au moins égal au revenu minimum légal garanti.
• Pour le droit à un contrat de travail dans les 6 mois de la sortie des études.
• Pour une allocation d’insertion inconditionnelle pour chaque jeune dès la sortie des études.
• Les aides à l’emploi doivent être conditionnées à une insertion durable du/de la demandeur-euse d’emploi dans l’entreprise.
• Le salaire des jeunes apprenti-e-s doit-être revalorisé.
• Une réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire, sans perte de revenu et sans préjudice pour la Sécurité sociale doit permettre de créer des emplois, y compris chez les jeunes.
• Les emplois de proximités doivent être valorisés. Ceux-ci doivent permettre l’inclusion sociale des jeunes « éloigné-e-s de l’emploi » et oublié-e-s des politiques publiques.
• Non au contrat à temps partiel contraint. Le travail à temps plein doit rester la norme.
• Des mesures concrètes doivent être prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la précarité grandissante des étudiants qui se traduit par une explosion du nombre de jobistes et une augmentation du nombre de demandes au CPAS.