Accidents de travail : soyez vigilants !

Chaque année en Belgique, 170.000 personnes sont victimes d’un accident du travail. 20.000 travailleurs restent handicapés à vie suite à l’accident. 120 d’entre eux ne survivent pas.

À  l’heure où se multiplient les témoignages de travailleurs en souffrance et s’accumulent les études faisant état d’une dégradation des conditions de travail, les syndicats doivent plus que jamais se mobiliser sur ces problèmes, d’autant que l’on sait que les entreprises où un syndicat est présent sont plus sûres et plus saines.

Ce sujet, longtemps resté dans l’ombre des revendications sur l’emploi et la rémunération, doit être pour nous une priorité. Nous devons nous extraire des raisonnements individualisants qui rendent les travailleurs responsables des maux dont ils souffrent.

L’augmentation des accidents du travail et des maladies professionnelles continue. 
Il ressort des dernières estimations du Bureau International du Travail (BIT) qu’il se produit chaque année près de 268 millions d’accidents du travail non mortels, qui sont suivis d’au moins trois jours consécutifs d’interruption de travail, sans compter les 160 millions nouveaux cas de maladies professionnelles qui sont enregistrés chaque année. L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a déjà estimé à près de 4% la part des indemnités et absences du travail dues aux accidents du travail et aux maladies professionnelles dans le PIB mondial. Les accidents du travail ne sont pas le fruit du hasard. 
QU’EN EST-IL DE VOTRE SALAIRE ?
En cas d’incapacité de travail suite à un accident du travail, vous avez droit à un salaire qui ne peut pas excéder un plafond fixé par la loi. Tous vos frais médicaux sont aussi à charge de l’assureur, y compris les dégâts occasionnés à des lunettes, à un appareil auditif, etc.
Martine le Garroy

Que faire en cas d’accident du travail ?

1.  Signalez immédiatement tout accident à votre employeur 
L’employeur dispose d’un délai de 8 jours pour déclarer un accident à son assureur. Si l’employeur omet de le faire, la CSC (via son service juridique) peut vous aider à effectuer la déclaration. C’est l’assureur, et non l’employeur, qui décide si l’accident est bien un accident du travail. Vous pouvez contester cette décision devant le tribunal du travail.  
2.  Signalez aussi les petits accidents 
Les blessures issues d’un accident anodin peuvent s’aggraver et provoquer une incapacité de longue durée ou des frais médicaux importants. Si un médecin est intervenu, l’accident doit obligatoirement être déclaré. 

3. Pour qu’un accident du travail soit reconnu, vous devez prouver trois éléments : 
• le « caractère soudain » de l’accident ; 
•  le fait que l’accident est survenu durant l’exécution du contrat de travail ou sur le chemin du travail ; 
•  l’existence d’un « dommage » (une lésion physique ou mentale).
4.  Votre dossier sera plus solide si vous joignez d’autres éléments de preuve à la déclaration. 
Il peut s’agir des noms de témoins de l’accident ou des personnes avec lesquelles vous avez parlé de l’accident, de certificats d’un médecin ou d’un membre du personnel soignant. Ne signez jamais une déclaration qui ne décrit pas correctement les faits. 
  
5. Informez votre mutuelle 
En attendant la décision définitive de l’assureur, la mutuelle intervient (à votre demande) dans les frais médicaux. Le cas échéant, elle vous paie une indemnité pour cause d’incapacité de travail.