Licenciement collectif illégal en cours chez Fujitsu

Presqu’exactement 20 ans après Renault Vilvoorde, la société Fujitsu Technology Solutions procède unilatéralement ce 16 mars à un licenciement collectif sans aucune forme de concertation, sur ordre du récemment nommé Managing Director français Yves de Beauregard.

Dans le secteur des services informatique, Fujitsu Technology Solutions se profilait comme l’entreprise la plus socialement responsable. C’était par exemple le seul fabricant de PC à encore produire au sein de l’UE, ou à refuser de s’impliquer dans des relations de sous-traitance aux conséquences sociales négatives.

Depuis la nomination de M. de Beauregard, on est tombé de haut. Ainsi est maintenant pratiqué chez Fujitsu le travail de nuit sans respect des règles légales, on chipote avec des sous-traitants et des « indépendants » sur des contrats aussi sensibles que pour la Commission Européenne et on ergote sur le respect des conventions collectives.

Le mercredi 15 mars, le Conseil d’Entreprise a été réuni d’urgence. La direction annonce de nombreux licenciements et projets de sous-traitance. Très vite il apparaît que l’annonce tombe dans les critères de déclenchement de la loi Renault, alors que Fujitsu n’a pas entamé la procédure. Avant que l’on puisse ouvrir les débats sur le business plan, les alternatives, les critères et modalités de licenciement, la direction suspend la réunion.

Ce matin, la direction annonce avoir résolu le problème. Elle a retravaillé l’organigramme de l’entreprise et prétend avoir revu son intention pendant la nuit. Avec une nouvelle formulation pour un résultat identique, M. de Beauregard prétend pouvoir esquiver la loi Renault. Le directeur refuse ensuite de fournir toute information concrète, révèle que les personnes à licencier sont déjà déterminées et se félicite d’avoir convaincu la direction du groupe d’éviter toute négociation de plan social, parce qu’il est personnellement contre (sic).

Même la concertation minimale à mener en cas de licenciements en-dessous du seuil de la loi Renault, et la CCT garantie d’emploi dont jouit une partie du personnel sont ignorées. M. de Beauregard n’a pas peur des sanctions du code pénal social belge. Indignés de ce mépris affiché pour la législation belge, les représentants du personnel ont suspendu les réunions du Conseil d’Entreprise.

L’entreprise a procédé dès l’après-midi au licenciement collectif annoncé. Des travailleurs en télétravail ont été rappelés d’urgence sous le couvert d’un prétexte, pour s’entendre signifier leur licenciement immédiat.

Le front commun syndical constate avec consternation comment 15 ans de dialogue social responsable peut être balayé d’un coup par un changement de management et se transformer en délinquance et casse sociale.

Les représentants du personnel au Conseil d’Entreprise mettront l’entreprise en demeure de respecter la loi Renault et réuniront le personnel en assemblée début de semaine prochaine pour décider des actions à mener. Nous appelons les autorités belges et européennes à intervenir rapidement contre ce saccage, autant comme autorités de contrôle que comme clients de cette entreprise.

Le Droit de novembre 17