NLMK Clabecq : Détruire jeudi et investir samedi

La direction fait fort dans sa communication ; en l’espace de trois jours, elle a d’abord assommé l’ensemble de son personnel en annonçant jeudi son intention de le réduire à 50% puis, répand dans la presse de ce week-end son intention d’investir 148 millions d’euros à La Louvière et à Clabecq. Mais à qui s’adresse-t-elle, bon sang ?! 

Si c’est aux 290 familles impactées, il manque l’essentiel ; combien d’emploi seront conservés, combien d’emplois seront créés, combien de travailleurs seront reclassés et quel est le planning des formations ? 

Si ce sont les travailleurs qu’elle vise, c’est en conseil d’entreprise que ces informations doivent être données et discutées et la recherche d’alternatives ne doit pas empêcher d’analyser les causes du projet de la direction de se défaire de la moitié de son personnel. En effet, il semble se confirmer que l’entreprise a été rendue totalement dépendante de plusieurs entités du groupe NLMK, tant en amont qu’en aval de son circuit économique. Si l’entreprise fait des pertes à Clabecq, d’autres filiales du groupe font des bénéfices ailleurs. Nous allons demander à la direction l’intervention d’une expertise externe pour analyser la situation économique et financière de l’entreprise et fiabiliser le plan industriel qui nous sera soumis. 

Si c’est à l’opinion publique qu’elle s’adresse, nous n’avons pas manqué d’être choqué de l’absence d’un volet social alternatif de reclassement professionnel dans son projet de licenciement collectif, pour une entreprise qui est détenue à près de 50% par la SOGEPA dont la mission est justement le développement durable de l’économie wallonne et des emplois qui y sont liés. Une entrevue est prévue avec les services du Ministre Jeholet (MR) de l’emploi et de l’économie de la région wallonne pour comprendre « ce qui est » et solliciter « ce qui aurait dû être ».

Nous attendons également la fixation d’une date avec les services du Ministre fédéral Peeters (CD&V) de l’emploi et de l’économie pour lui demander comment il compte enrayer le compteur des jobs, jobs, jobs…en moins depuis le début de cette année et lui demander aussi de prolonger la CCT 126 qui a pris fin le 31/12/2018 permettant l’abaissement de l’âge d’accès au RCC à 56 ans pour les entreprises reconnues en difficulté ou en restructuration. En effet et sans prolongation de cette CCT, il n’y a plus d’outil RCC spécifique pour une situation telle que celle que vit en ce moment NLMK Clabecq, si ce n’est le recours à l’âge légal du RCC qui est, pour 2019, fixé à 62 ans d’âge et 42 ans de carrière.

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