Harcèlement sexuel au CHU-Tivoli

Le conseil d’administration se réunit ce soir à 18h, la CNE attend une réponse claire


Suite à des faits de harcèlement sexuel au sein du CHU Tivoli, la CNE a interpellé, la semaine dernière, les membres du Conseil d’administration afin qu’ils se positionnent de manière claire. Une réunion de ce CA est prévue ce lundi soir à 18h00 : « Nous attendons donc une réponse forte et sans ambiguïté de leur part. Il serait en effet incompréhensible que le Conseil d’administration, qui se revendique de valeurs socialistes, de respect et d’intégrité, cautionne, par son silence ou par ses mots, le comportement de la direction du CHU Tivoli dans cette affaire. Cette dernière connaissait les faits de harcèlement sexuel, dont l’auteur n’a pas fait qu’une seule victime au sein de l’hôpital, et n’a rien entrepris pour y mettre fin. Pire, elle a dénigré les démarches qui visent à le dénoncer et à soutenir les victimes, voire a participé à créer un climat propice à de tels agissements. Pour la CNE, c’est tout simplement impardonnable », explique Julie Coumont, permanente CNE.

Une réunion qui se tiendra très probablement sous haute tension, suite aux menaces reçues par des membres de la CNE depuis son interpellation.

Pour rappel, en mars dernier, la CNE a décidé de sensibiliser l’ensemble du personnel de l’hôpital à la problématique du harcèlement sexuel. 

Le 22 mars, en effet, l’unique employée de la Société des médecins de Tivoli a déposé plainte pour harcèlement sexuel à l’encontre de son employeur. Parallèlement, la délégation CNE a distribué un premier tract au personnel, aux étudiants et corps médical de l’hôpital, rappelant la définition du harcèlement sexuel et l’aide proposée par l’organisation syndicale dans ce genre de situations.

Le 23 mars, la direction du CHU Tivoli a réagi à l'action de la CNE par ces mots, postés sur l'intranet de l'hôpital : « Apparemment, pour la CNE, le Carnaval laisse des traces... La voilà qu’elle s’attaque, de manière outrancière, à la faiblesse féminine qu’elle croit harcelée par une meute de mâles misogynes et abuseurs. Nous n’accorderons à cette nouvelle action que l’importance qu’elle mérite et préférerons en rire… », avant d’inviter les travailleurs à « garder le sourire », eux aussi. 

Quant à la victime, elle s’est fait licencier le jour-même, avec indemnités de rupture. Une requête sera d’ailleurs introduite devant le tribunal du Travail du Hainaut, à l’encontre de la SPRL, afin de réclamer l’indemnité de protection dont bénéficient les personnes qui déposent plainte pour harcèlement moral et sexuel, ainsi que des indemnités pour licenciement abusif et pour licenciement manifestement déraisonnable.