Une deuxième annonce dans l’annonce mais tout reste à faire

Pendant un conseil d’entreprise de près de 4 heures, c’est au goutte à goutte que les éclaircissements se font.

« Beaucoup de points restent encore à éclaircir comme les révisions de conditions de travail, la nouvelle organisation de travail, la digitalisation en magasin comme au siège social, la liste des 19 magasins en difficultés à ce jour, la crédibilité d’un plan commercial qui doit assurer un avenir à plus de 4 ans pour les travailleurs qui resteront chez Carrefour,... » déclare Delphine Latawiec, secrétaire national Commerce. « Beaucoup d’interrogations sont nées de cette réunion et tout reste à définir et à analyser. Il faudra entrer en profondeur dans chacun des dossiers mis sur la table par cette annonce. Et des chantiers ouverts, il y en a beaucoup. »

A ce stade, les chiffres des pertes d’emploi en hypermarchés ont été précisés. La Wallonie et Bruxelles seront durement touchés puisque 338 des 513 emplois le seront dans ces deux régions dont 100 à Bruxelles et 144 en Wallonie. A cela doit s’ajouter les 140 pertes d’emplois annoncées via la fermeture potentielle de Belle Ile et les 66 personnes qui pourraient perdre leurs emplois à Haine Saint Pierre par le passage en market soit 444 personnes sur la Wallonie.

Aucun des hypermarchés du pays ne sera épargné. « La direction explique ce chiffre maximum via la mise en place des selfs check out dans tous les hypers et la mise en route d’une nouvelle organisation du travail qui rationnalisera les organigrammes pour aller vers de la polyvalence à chaque étage ».  Au siège, force est de constater que tous les services seront touchés par des pertes d’emploi. Difficile à avaler lorsque la direction déclare que l’entreprise est rentable ! Dégraissage préventif ? Oui, nous répondent-ils pour éviter un futur plus sombre encore se dépêche-t-il d’ajouter… « Tout est encore à clarifier, analyser. Que signifie concrètement cette organisation en magasin qui se calque sur les markets ? Quelle implication pour les collaborateurs en magasin ? »

« Notre objectif est clair pour les semaines et mois qui suivent : avoir une vision claire de l’annonce dans toutes ces conséquences que ce soit les pertes d’emploi comme les changements prévus. Lorsque nous aurons une vision claire de cela, il nous faudra aussi avoir des garanties sur un avenir qui va au-delà des deux ans annoncés. Les travailleurs ne peuvent vivre avec cette menace, nous ne voulons pas repasser à la caisse dans deux ans ! Ensuite, nous pourrons discuter d’alternatives crédibles pour diminuer les pertes d’emploi et enfin négocier un plan social pour ceux qui devraient quand même quitter l’entreprise. » définit Delphine Latawiec. 

Ce jeudi, des assemblées seront organisées dans chacun des magasins. Nous n’excluons des mouvements même si nous réunirons nos délégués avant la fin de semaine pour envisager plus clairement les étapes à venir et faire le point sur les assemblées. La prochaine date du conseil d’entreprise est le 7 février.

Le communiqué de presse " Carrefour : Une deuxième annonce dans l’annonce mais tout reste à faire " est également disponible en pdf