Econocom préfère l’arbitraire et le soi-disant « marché »

Depuis 1997 il existe chez Econocom une convention d’entreprise de classification des fonctions, prévoyant des barèmes et un mécanisme d’évolution des salaires.

Mais cela gêne la direction actuelle. Car elle ne peut pas faire ce qu’elle voudrait : engager « au prix du marché », augmenter les salaires uniquement « au mérite », etc. Malgré les nombreuses propositions de la délégation pour négocier une nouvelle CCT, revoir la classification des fonctions, incorporer la notion de mérite mais dans un cadre vérifiable, … la direction a préféré purement et simplement dénoncer la CCT.

Les organisations syndicales ont déposé un préavis de grève, les délégués ont mis au point un plan d’action. Ce qui se passe n’est pas acceptable : 
  • En dénonçant la CCT, la direction crée deux groupes de travailleurs. Les anciens, qui devraient toujours bénéficier des barèmes en application de l’effet continué des conventions. Et les nouveaux, pour lesquels il n’y aurait plus aucun cadre salarial (sauf les minima sectoriels), et qui seraient payés « à la tête du client ».  Tout le monde peut deviner que cela va créer un malaise généralisé et de nombreuses tensions, entre les uns mal payés et les autres à qui on demandera de justifier chaque jour leur meilleur salaire.
  • En s’affranchissant de tout barème, de toute règle, la direction se réserve le droit de traiter les travailleurs de manière totalement arbitraire. Et qui dit arbitraire, dit porte ouverte à toutes les discriminations. Aujourd’hui c’est le jour de lutte pour les droits des femmes, et notamment leur droit à l’égalité avec leurs collègues masculins. La meilleure manière d’éviter la discrimination salariale, c’est en convenant de barèmes d’entreprise et d’un système objectif d’évolution des salaires. En choisissant de rejeter par principe tout cadre négocié, la direction d’Econocom revendique le droit à l’arbitraire, et notamment le droit de discriminer les femmes, comme le fait leur fameux « marché ».