La retraite à 80 ans? Pas question !

A  les voir en pleine forme sur les plages, sur les sentiers de grande randonnée, ou   simplement sur les terrasses ensoleillées, qui pourrait croire qu’elles ont 80 ans ? Elles ont fait, j’espère, votre bonheur cet été ! Elles n’étaient pas bien grosses, pourtant, en juin 1936, quand elles sont nées après un accouchement douloureux : tout juste 6 petites journées de vacances annuelles, obtenues après de longues grèves nationales. Six jours par an de « congés payés » qui font fulminer patrons et libéraux de l’époque: « Si on commence à payer des gens pour qu’ils se reposent, comment les fera-t-on retravailler ensuite ? »

Qui pouvait à l’époque imaginer que cette avancée changerait le siècle ? Surtout quelques années après, quand la guerre plongeait l’Europe dans la nuit la plus noire, qui pouvait croire que cette victoire inaugurait une longue période de progrès social ?
« A chaque situation, la pire des solutions »
Alors que menace de s’étendre sur l’Europe une autre sorte de nuit, faite d’austérité aveugle, d’inégalités absurdes, de frontières fermées et de racisme officiel (une nuit qu’il est encore temps d’espérer moins longue et moins violente…), cultivons nos souvenirs de vacances, et savourons l’énergie et la douceur de vivre que nous en avons ramené. Mais célébrons aussi le courage et l’espérance confiante de nos aïeux de 1936, qui ont voulu que chaque travailleur ait droit à des vacances, à des week-end, à un repos régulier… Surtout que cette évidence, certains voudraient l’envoyer à la retraite. Ainsi le ministre Peeters, qui, contre l’avis d’absolument tout le monde, veut mettre fin à la limite des 38 heures par semaine. Et nous faire travailler plus (jusqu’à 45 heures par semaine), pendant que des milliers de jeunes qui ont fini l’école cet été vont se lancer dans la rechercher souvent désespérante d’un premier (vrai) emploi.
Il semblerait d’ailleurs que ce gouvernement, où seule la servilité du MR dépasse l’arrogance de la N-VA, se soit spécialisé dans la recherche de la pire solution à toute situation. On pourrait partager le travail, passer à la semaine de 4 jours, améliorer le crédit-temps et les fins de carrière, travailler moins et travailler tous ? Michel-De Wever répond : 45 heures/semaine, les vieux au turbin, les jeunes dans le pétrin. On pourrait investir dans l’écologie, les transports en commun, l’agro-écologie… Michel-De Wever jette des centaines de millions (à nous …) dans le trou sans fond de nos centrales nucléaires rafistolées et dangereuses. On pourrait développer les services de soin pour les seniors et les tout-petits, créer des jobs utiles et vivre mieux ? Michel-De Wever détruit 10.000 emplois dans le Non Marchand, et finance à tour de bras les multinationales qui ne payaient déjà pas d’impôts. On pourrait mettre des limites au pouvoir de ces multinationales, et rendre un peu de souveraineté aux citoyens ? Michel-De Wever, jusqu’à l’absurde, pousse à la ratification à tout prix du TTIP et du CETA , ces traités qui feront de Coca-Cola et de Monsanto nos vrais législateurs.
Le match n’est pas fini…
Sur ce dernier point, il se pourrait pourtant que nous remportions dans les prochaines semaines une victoire importante. Sous notre pression, le Parlement wallon a annoncé il y a trois mois qu’il s’opposerait au CETA. Certains se sont moqués, alors, de la « petite Wallonie » qui prétendait s’opposer à la conquête du monde par les multinationales. Or ce samedi 30 août, c’est rien moins que le ministre allemand de l’économie (pourtant pro-TTIP depuis des années) qui annonçait que, pour lui, ce projet de traité était sans issue (tous les détails du dossier dans le prochain numéro). C’est  pour cela, parce que nous n’avons pas encore perdu cette bataille décisive, que nous mettons toutes nos forces dans la manifestation nationale anti-TTIP et anti-CETA. Avec les mouvements d’étudiants, de jeunes, de consommateurs, avec Greenpeace et la Ligue des Familles et mille associations, la CNE (et tous les syndicats belges) vous invite à venir dire un « non » définitif au CETA et au TTIP ce mardi 20 septembre en fin d’après-midi.1

Et notre lutte pour défendre un avenir meilleur continue le jeudi 29. Ce jour-là, vous êtes toutes et tous invités à manifester contre le projet Peeters et contre l’austérité. A clamer que 80 ans de congés payés et de RTT, ce n’est qu’un début, mais que deux ans de gouvernement Michel-De Wever, ça suffit. Et amplement !

Felipe Van Keirsbilck
secrétaire général