3% d'emploi

Job
Le gouvernement Michel part du principe que le gel des salaires va créer de manière automatique une flopée de « jobs, jobs, jobs ». Cela n’est pas le cas.

Alors, oui, il y a des créations d’emploi actuellement : environ 30.000 emplois en 2016 (temps plein, temps partiel, définitif ou temporaire). Mais la plus grande partie de cette augmentation est due à la conjoncture économique. Seulement 13.000 emplois sont dus à la politique du gouvernement ce qui est bien trop faible par rapport aux sommes énormes reçues par les entreprises dans le cadre de cette politique.

Les subsides salariaux ont été multipliés par 10 sur les 20 dernières années : si un salaire était subsidié à hauteur de 0,4% en 1996, maintenant c’est 4% de ce salaire qui est subsidié par les pouvoirs publics. Les entreprises recevaient déjà près de 11 milliards de subventions salariales par an. Le gouvernement y ajoute en 2016 un saut d’index de 2,5 milliards et d’autres mesures pour 1,4 milliards. Et ici, on ne tient pas compte d’autres mesures de soutien, comme les rulings ou les intérêts notionnels ! Donc le gouvernement Michel a donné 3,9 milliards de plus aux employeurs qui créent 13.000 jobs avec cet argent : cela fait donc 250.000 euros par emploi créé. L’addition est plutôt salée !

La CNE exige donc que les entreprises remplissent leur contrat : créer 3% d’emploi en plus du « business as usual », et en l’échange des milliards reçus et financés par les travailleurs mais donné en cadeau par le gouvernement Michel. 3% d’emploi c’est 93.000 emplois. Et 93.000 emplois en plus des emplois déjà prévisibles vu le contexte économique. Donc en plus des 30.000 déjà prévus ! Et nous souhaitons que dans 2 ans, l’opération soit répétée (donc au total 186 000 emplois). Cela sera bon pour la population, mais aussi pour l’économie.

Le Droit de novembre 17